Traduction

samedi 31 janvier 2015

Le Jean

Bientôt cinq ans que sa voix ne résonne plus autrement que sur des bandes son....et pourtant !
 
Te voilà parti.
Une partie de ma vie, hier, a déserté.
Ta jeunesse éternelle,
Ton amour de la vie,
Ton humanisme,
Ton combat
Toujours juste,
Ta gouaille Ta poésie
Ta confiance
Explosent aux yeux du monde.
 
Tu es parti.
Tes mots d’amour, ta rage,
Ton élan magnifique
Ta  furieuse tendresse
M’habitent soudain par milliers.
Mon corps est trop petit.
Tu es parti. 
 
Toi le frondeur amoureux
Le charmeur étonné
Chaleureux, malicieux
Complice des oiseaux
De « La montagne »
Du « châtaigner » de ton grenier,
Tu as peint « Les saisons » 
Sans jamais te lasser… 
 
Tu t’élançais dans la bataille
« Moitié blé moitié chardon »
Le regard en biseau
L’amour en calicot… 
 
Hélas,
Aux côtés du Léo
Du Georges et puis du Jacques
Sans crier gare
Hier soudain
Tu es parti. 
 
L'émoi de toi m’a embrassé d'un coup
Violent, étonnamment violent.
Intensité de ta présence nue
Si proche si vive
Ardente à en pleurer... 
Je ne te pensais pas si intime, le Jean… 
 
Aujourd’hui
Tu me pèses lourd,
Collé au creux de ma poitrine.  
 
Te voilà là
 À me conter ton « Cœur fragile »,
Ton « Potemkine »,
Ta fureur au goût frais
Contre le sort de « L’âne »
Ton superbe portrait 
Ton « Je ne suis qu'un cri »...  
 
« Viens mon frelot », tu me confonds
Ton « hospitalité » m’habite,
Elle me cingle la face
Et ce matin plus que jamais
« La porte à droite »
Grande ouverte aujourd’hui
Contre la liberté
Que jamais
Tu n’as cessé d’exhausser
Sans « Concessions »,
M’apparait difficile
A refermer.    
 
« Paris 2000 » ou  « la cavale »,
« La voie lactée »,
« Nuit et brouillard », 
« Petit »,
Et j’en oublie… 
 
Bon sang !
Ta poésie colle au présent
Mieux que tous les discours
Mensongers
Mieux que tous les regrets
Ehontés  ou édulcorés
Surtout bien médiatisés
Bon sang !
Qu’ils te fichent donc la paix ! 
 
L'actualité file à rebours
« Sainte canaille »
« Hou Hou méfions nous »
Tu as raison, « Les flics sont partout »… 
 
Ce printemps-ci  a trop tardé, hélas,
Tu n’ouvriras pas ses fleurs de ta voix
Pour « des lendemains qui chantent »
Mais les parfums de tes chansons
Toi le subversif insoumis,
Raisonneront, s’envoleront,
Iront titiller les consciences
Les « états d’âmes », « Camarade » …
Depuis ta nuit des temps
« Le Kilimandjaro », heureusement,
Pointe toujours à l’horizon des hommes… 
 
Toi qui dors désormais
 « À l’ombre bleue du figuier »
Tu resteras le guide familier
Celui qui m’indique souvent
« L’adresse du bonheur »
Quand je perds ma  petite voi. 
 
Ce matin,
Je t’entends doucement
Entre « Les lilas » et « Les cerisiers »
Balancés au vent printanier
Murmurer d’un sourire nostalgique
 « Raconte-moi la mer »…
 


1 commentaire: